Lisez attentivement le contrat avant de le signer!
C’était jour de rentrée parlementaire, hier, à l’Assemblée nationale et à la Chambre des communes. Il y a eu des élections générales fédérales le 2 mai dernier et ce sera bientôt au tour des Québécois d’élire un nouveau gouvernement. Ces derniers seront-ils tentés, comme les sondages le suggèrent avec insistance depuis les six derniers mois, d’opter pour un changement politique radical en votant massivement pour le futur parti de François Legault? Oui, sans doute, pour peu que la tendance forte actuelle qui se manifeste à son égard se maintienne.
Le printemps dernier, les Québécois ont voté pour Jack Layton, pas pour le NPD, un parti qui, à toutes fins utiles, leur a toujours été un presque parfait inconnu et avec lequel ils n’ont aucune affinité culturelle. Et qui, surtout, pas plus que le Bloc en son temps, n’a une chance de se retrouver un jour au pouvoir.
Pour l’électorat québécois, tanné de Gilles Duceppe et de la sempiternelle question référendaire, Stephen Harper ne constituait pas une option valable. Le même raisonnement s’appliquait aux Libéraux de Michael Ignatieff.
Coucou, c’est moi!
À la mi-avril, Jack Layton est sorti tel un bon petit diable de sa boîte. Il aura suffit d’un bref passage à Tout le monde en parle pour que les Québécois, toujours aussi émotifs dans leurs choix politiques, tombent en amour avec lui (cette opinion n’est pas celle du candidat conservateur défait dans Chicoutimi-Le Fjord, c’est également celle de l’ancien éditorialiste du Quotidien…et de tous les chroniqueurs politiques du Québec)!
Aujourd’hui, Jack Layton est mort. Politiquement, les Québécois sont orphelins. Ils sont tout fins seuls isolés dans leur coin, représentés par des députés dont, pour la très grande majorité d’entre eux, l’expérience se situe au niveau du zéro absolu. À tout prendre, il eût été préférable que les Bloquistes ne disparaissent pas tous corps et biens dans le raz-de-marée néo-démocrate (ici, c’est le candidat défait qui s’exprime). Au moins, à défaut de ne pouvoir compter que sur cinq députés conservateurs, ils auraient pu s’en remettre à des gens habitués de frapper à la porte des fonctionnaires susceptibles de faire avancer rapidement des dossiers porteurs au plan socio-économique.
Évidemment, les choses auraient pu se présenter quelque peu différemment si Jack Layton n’avait pas succombé au cancer. Sa seule présence aurait certainement eu un effet bénéfique sur la représentativité du Québec à Ottawa. Le destin, le sien et le nôtre, en a décidé autrement.
Fusion NPD-PLQ
Maintenant, simple question d’être conséquent avec leur vote du 2 mai dernier, est-ce que les Québécois vont se passionner pour la lutte à la direction du NPD? Oups…
À mon avis, ils vont se désintéresser de cette course et ce sera là leur deuxième grande erreur. Vous savez pourquoi? Parce que la seule chance du NPD d’accéder un jour au pouvoir et des Libéraux fédéraux d’obtenir une majorité aux Communes réside dans un regroupement des forces libérales et néo-démocrates. En politique, il ne faut jamais dire: «Fontaine je ne boirai pas de ton eau!» Alors, même si, autant du côté du NPD que du PLQ tous s’évertuent à affirmer qu’il n’y aura jamais de mariage entre ces deux partis tout indique, au contraire, que c’est dans cette direction que tout le monde pense présentement.
C’est ce que prêche Jean Chrétien dès qu’il en a l’occasion.
Vous voyez ça d’ici? Les Québécois qui ont exécré le scandale des commandites, qui ont voté Jack Layton le 2 mai dernier et qui pourraient bientôt se retrouver à la case départ? Ce serait payer le gros prix pour avoir voté de façon émotive ce printemps!!!
L’option de François Legault
Ce qui nous amène à François Legault… Ce dernier, à l’image de Jack Layton, incarne le changement, moins l’allure décontracté. Même sans programme politique, François Legault est considéré depuis plusieurs mois comme la seule alternative à Jean Charest et Pauline Marois (ne parlons pas de l’Action démocratique, ce parti est destiné à disparaître ou à être absorbé).
Le discours de François Legault se résume à peu: il faut effectuer un virage à 180 degrées si on veut que le Québec ne se retrouve pas dans une situation financière semblable à celle de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal (pour ne nommer que ces pays en défaut de paiement virtuel).
Pour faire court, disons que François Legault oppose au débat sur la souveraineté un discours économique fortement axé sur le réalisme. Il reproche aux Libéraux de Jean Charest une trop grande propension à entretenir et à appliquer le concept de l’État-Providence. C’est vague à souhait mais ça plaît faute de mieux à se mettre sous la dent car aussi bien du côté libéral que péquiste, on semble manquer d’imagination ces temps-ci!
La morale de tout cela: à l’occasion de la prochaine campagne électorale provinciale, les Québécois devront prendre le temps de bien lire le contrat avant de le signer!